La Délégation de Nouvelle Zélande

Genèse

La Délégation du Souvenir Français pour la Nouvelle Zélande a été créée le 1er janvier 2015 sur la proposition de son Président Général de l'époque, le C.G.A. (2S) Gérard DELBAUFFE.

Cette création a fait suite à la « redécouverte » de la présence d'un « poilu » français, le soldat Tetiamana ATEA, décédé et inhumé en septembre 1918 à Wellington en Nouvelle Zélande.

La Délégation veille également à entretenir la mémoire du lieutenant-colonel  James WADDELL, Néo-zélandais ayant servi principalement à la Légion Étrangère de 1900 jusqu'à 1926. Retourné vivre dans son pays natal, il s'y est éteint en 1954, à l'âge de 81 ans.

Vous trouverez ci-dessous les renseignements de leur biographie respectivement retrouvées aux Archives Nationales d'Outre-Mer et sur la base de données Léonore.

Leurs parcours extraordinaires au service des armes de la France nous rappellent à notre devoir de mémoire et à la devise éternelle du Souvenir Français :

« A nous le souvenir, à eux l'immortalité »

Le soldat Tetiamana ATEA

Tetiamana ATEA ou TETIAMANA-A-ATEA (la particule « A » entre son prénom et son nom signifie « fils de ») est né le 15 avril 1887 dans le village de Papetoai, île de Moorea, à Tahiti, en Polynésie Française.

Le 8 mai 1916, à l'âge de 29 ans, il est incorporé à la Compagnie d'infanterie coloniale de la Nouvelle-Calédonie n° 1 (portion détachée à Tahiti). Le lendemain, il embarque à Papeete à destination de la Nouvelle-Calédonie.

Après près d'un mois de traversée, il débarque à Nouméa le 4 juin 1916 et y est maintenu dans la même unité d'infanterie coloniale.

La révolte de certaines tribus Kanakes ayant éclaté en Nouvelle-Calédonie, le soldat Tetiamana ATEA est détaché à Pouembout le 27 mai 1917, et y « participe aux opérations militaires dans la région des circonscriptions de Pouembout pour la répression des indigènes rebelles ».

Il est ensuite détaché dans la région de Voh avant d'être finalement réembarqué le 1er février 1918 à destination de Nouméa. 

Après plus de 2 années de services en Nouvelle-Calédonie, décoré de la Médaille Coloniale avec agrafe « Nouvelle-Calédonie », il embarque à Nouméa sur le navire Pacifique le 6 août 1918, à destination de la Polynésie Française. Il est administrativement affecté au Détachement de Tahiti.

En route pour Papeete, son navire fait escale à Wellington, en Nouvelle Zélande. Malade, le soldat Tetiamana ATEA, est débarqué et transporté à l'hôpital militaire Victoria de la capitale néo-zélandaise. Malheureusement son état se dégrade et il décède des suites d'une maladie contractée en service, le 10 septembre 1918.

Source : Archives Nationales d'Outre-Mer

Obsèques du soldat Tetiamana ATEA

Des funérailles militaires lui furent accordées en présence :

  • du général commandant, Sir Alfred William ROBIN, et son état-major,
  • du médecin-général HENDERSEN (Directeur des services médicaux),
  • de monsieur J. MACKINTOSH (Consul de France),
  • du capitaine R. W. SMITH, de la Brigade armée de Nouvelle Zélande,
  • du capitaine GENTRY (en charge du groupe des réservistes français),
  • d'un détachement en armes et d'une musique du Camp de Trentham,
  • et du pasteur-en-chef TAYLOR qui officia au bord de la tombe.

Quand son cercueil fut placé sur la calèche le menant à sa dernière demeure, la musique militaire de nos alliés fit retentir « La Marseillaise » (voir l'article du Evening Post du 10/09/1918).

Depuis lors, sa dépouille repose dans le carré militaire du cimetière Karori - tombe A3 -  de Wellington aux côtés de ses frères d'armes Néo-zélandais.

Mais une erreur de retranscription voulait que sa pierre tombale comporte le patronyme « TETIANA-A-ATEA » au lieu de « TETIAMANA-A-ATEA ».

En 2015, la Délégation du Souvenir Français a entrepris des démarches auprès du Ministère de la Culture et le Service des Vétérans de Nouvelle Zélande afin de faire remplacer sa pierre tombale.

Nos demandes ont été prises en compte et une nouvelle pierre tombale a été commandée par les autorités néo-zélandaises. 

Elle fut installée au début de l'année 2016 et comporte désormais la mention (en français) : « Mort pour la France »

Le lieutenant-colonel James WADDELL

James WADDELL est né le 11 octobre 1873 à Dunedin en Nouvelle Zélande.

Après s'être illustré pendant la guerre de Boers au service de l'armée Britannique, il choisit de servir la France et s'engage au 2ème Régiment Étranger de la Légion Etrangère comme sous-lieutenant « à titre étranger » par décret présidentiel du 25 avril 1900.

Voici les éléments retrouvés dans son dossier de Légion d'honneur :

  • Nommé lieutenant « à titre étranger » le 1er avril 1902.
  • Naturalisé français par décret du 18 juin 1904.
  • Divorcé le 3 novembre 1905.
  • Nommé lieutenant « à titre français » le 31 janvier 1906.
  • Par décret du 4 avril 1906, la nomination « à titre français » prononcée par décret du 31 janvier 1906 est annulée.
  • A accompli un stage à l'Artillerie (batterie de « 75 » du Groupe d'Oran) du mois de mai au mois de juillet 1912.
  • Promu capitaine « à titre étranger » par décret du 23 décembre 1913 et affecté au 1er Régiment Étranger [Légion Étrangère].
  • Remarié le 29 juin 1914 à Marguerite FOURNIER.
  • Promu chef de bataillon « à titre temporaire » et pour la durée de la guerre par décision ministérielle du 13 juillet 1915, pour prendre rang à compter du 25 juin 1915.
  • Affecté au 2ème [Régiment] de marche du 1er Étranger par décision ministérielle du 11 octobre 1915.
  • [NDLR : le 11 novembre 1915, le régiment est dissout et fusionne avec le 2ème régiment de marche du 2ème Étranger pour former le Régiment de Marche de la Légion Étrangère (RMLE).]
  • Détaché à la Mission militaire française près l'Armée britannique par décision ministérielle n° 3916 du 4 janvier 1918 du général en chef.
  • Détaché au 159ème Régiment d'infanterie le 20 décembre 1918.
  • Admis à servir dans le « cadre français » pour y prendre rang dans son grade actuel, de la date du décret, par décret du 2 mars 1919, et affecté au 159ème Régiment d'infanterie (service première résidence d'après-guerre) par décision ministérielle du 6 août 1920.
  • Affecté à la Haute-commission interalliée des Territoires Rhénans - Allemagne (166ème Régiment d'infanterie) le 10 août 1920.
  • Affecté au 3ème Régiment d'infanterie [dernière affectation].
  • Promu au grade de « Lieutenant-colonel » et rayé des cadres de l'armée active le 1er septembre 1926.

Compagnes de James WADDELL

  • Algérie du 23/06/1900 au 30/04/1901.
  • Tonkin du 01/05/1901 au 13/07/1903.
  • Algérie du 03/10/1903 au 21/10/1904.
  • Région Saharienne du 22/10/1904 au 27/10/1905.
  • Algérie du 28/10/1905 au 26/07/1906.
  • Algérie du 27/09/1906 au 26/07/1907.
  • Algérie du 28/09/1907 au 30/06/1908.
  • Région Saharienne du 01/07/1908 au 14/08/1908.
  • Maroc du 15/08/1908 au 30/09/1908.
  • Algérie du 01/10/1908 au 16/11/1908.
  • Tonkin du 17/11/1908 au 12/01/1914. 
  • Algérie du 14/07/1914 au 01/08/1914.
  • Contre l'Allemagne (Algérie) du 02/08/1914 au 09/05/1915.
  • Contre l'Allemagne (Orient) du 10/05/1915 au 22/07/1915.
  • Contre l'Allemagne (France) du 23/07/1915 au 23/10/1919.
  • Occupation (en Allemagne) du 24/10/1919 au [...].

James WADDELL dans la Grande Guerre

Blessures de guerre : 

  • « Blessé le 12 juillet 1915 par shrapnel à l'omoplate droite et par balle à l'épaule gauche. »
  • « Blessé le 20 août 1918 aux combats du plateau nord-ouest de Vézaponin, plaies et fractures de la mains gauche par éclat d'obus. »

Citations :

  • Ordre n° 73 du C.E.O. du 4 juillet 1915 : « Le Bataillon de Légion du 1er Régiment de Marche d'Afrique sous le commandement du capitaine WADDELL, depuis le débarquement dans la péninsule de Gallipoli, n'a cessé de faire preuve, dans tous les combats, des qualités de bravoure, de sang-froid, de solidité, qui sont depuis de longues années l'honneur de la vieille Légion. A l'assaut du 21 juin, a enlevé d'un bond les tranchées turques devant lesquels nous étions en échec depuis le matin et les a conservées malgré une très violente contre-attaque. »
  • Ordre n° 91 de l'Armée du 27 août 1915 : « Après avoir conduit son Bataillon au feu, avec un courage et un savoir-faire militaire qui ne se sont jamais démentis, a dirigé personnellement l'attaque de son Bataillon [...] contre une position ennemie extrêmement forte qu'il a enlevée. Traversé de part en part par une balle a voulu parfaire son œuvre en conservant sa place et jusqu'au lendemain le commandement de la ligne qu'il avait conquise et en présidant à son organisation. »
  • Ordre n° 375 de la VIème Armée du 5 août 1916 : « Donne à tous l'exemple du courage et de l'entrain. S'est brillamment emparé le 4 juillet [1916] d'un village et s'y est maintenu en repoussant plusieurs violentes contre-attaques de l'ennemi. »
  • Ordre n° 888 de la IIème Armée du 10 septembre 1917 : « Le 20 août 1917, a magnifiquement enlevé son bataillon à l'attaque des positions ennemies ; dans son élan, a atteint l'objectif final avec 1 heure d'avance ; dépassant nos propre barrages d'artillerie a capturé 4 canons et de nombreux prisonniers. Le 21 août 1917, a dirigé une nouvelle opération qui nous a rendus maître d'un village et de 6 canons. »
  • Ordre n° 341 de la Xème Armée du 21 septembre 1918 : « Officier supérieur d'une expérience égale à sa bravoure légendaire. Cité 4 fois à l'ordre de l'Armée, est parvenu, le 3 juin 1918, par sa brillante attitude et les dispositions qu'il a su prendre devant une situation difficile à maintenir l'intégrité de sa ligne, infligeant à l'ennemi de grosses pertes, lui faisant de nombreux prisonniers et capturant plusieurs mitrailleuses. »
  • Ordre n° 343 de la Xème Armée du 10 octobre 1918 : « Le 20 août 1918, s'est porté en terrain découvert avec son bataillon à l'attaque des tranchées défendues par des mitrailleuses, a réussi à y pénétrer et à s'y maintenir malgré les contre-attaques de l'ennemi. Blessé très sérieusement au début du combat a néanmoins conservé pendant 12 heures le commandement de son bataillon parce que son bataillon se trouvait dans une situation périlleuse. Ne l'a quitté que quand la situation a été rétablie donnant une fois de plus ainsi, la preuve des brillantes qualités militaires et de commandement qu'il met si généreusement depuis 4 ans au service de sa patrie d'adoption. »
  • Ordre n° 345 de la Xème Armée du 18 octobre 1918 : « A, grâce à son ascendant moral sur sa troupe et sa valeur personnelle réussi le 18 juillet 1918, à s'emparer d'un bois où l'ennemi s'était retranché atteignant ainsi la limite des objectifs assignés au Régiment s'emparant de 8 pièces de canons et d'un nombreux matériel. »

Le lieutenant-colonel James WADDELL

James WADDELL, un officier légionnaire exceptionnel, honoré par la France :

  • Médaille de Chine (1900-1901)

  • Médaille Coloniale agrafe "Sahara"

  • Médaille commémorative du Maroc agrafe "Haut-Guir"

  • Croix de Guerre avec 7 palmes  - 7 citations individuelles (1914-1918)

  • Chevalier de la Légion d'honneur (12/07/1914).

  • Officier de la Légion d'honneur (10/06/1917) : le chef de bataillon WADDELL James, du Régiment de Marche de la Légion Etrangère : « Officier supérieur énergique, d'une bravoure qui s'est brillamment affirmée au Dardanelles et sur la Somme à l'attaque de Belloy-en-Santerre. Beaux états de service aux Colonies. 3 citations. 2 blessures. » 

  • Commandeur de la Légion d'honneur (08/11/1920).

SourceBase Leonore

Une longue histoire militaire commune

La France et la Nouvelle Zélande ont une longue histoire militaire commune qui débuta en 1915 sur le front d'Orient de la Grande Guerre et plus précisément sur la presqu'île de Gallipoli où elles perdirent respectivement 9 800 et 2 800 soldats.

Le début de cette bataille, le 25 avril 1915, aujourd'hui appelé « ANZAC Day » (Australian & New Zealand Army Corps), marque le jour de l'entrée dans le concert des nations de l'Australie et de la Nouvelle Zélande, autrefois simples dominions britanniques.

Conflits où la France et la Nouvelle Zélande ont combattu ensembles :

  • Première Guerre mondiale (1914 - 1918)
  • Deuxième Guerre mondiale (1939 - 1945)
  • Première Guerre du Golfe (1990 - 1991)

Opérations militaires dans le cadre de l'OTAN :

  • Kosovo (1999 - 2008)
  • Afghanistan (2001 - 2014)

Opérations passées de maintien de la paix avec l'ONU :

Opérations en cours de maintien de la paix avec l'ONU :


Au cours des deux conflits mondiaux, de nombreux soldats Australiens, Britanniques, Néo-zélandais et Sud-africains sont tombés au champ d'honneur sur le sol de France et ont été inhumés dans des lieux de mémoire qui leur sont dédiés...

Lieux de Mémoire